L’Afrique du Sud: De Jo’Burg au Cap
17 Novembre 2018 – 4 Décembre 2018
Samedi 17 Novembre
Saint Denis de la Réunion. C’est la fin du monde civilisé comme on le connaît. Tous les magasins sont fermés, les rond-points sont bloqués par la manif des gilets jaunes et ça commence à casser des gueules. Il y a un mec ici, qui est sorti avec un fusil, un autre avec un sabre. Y a pas un chat dans les rues à Saint Denis et on ne peut plus se déplacer.
Et nous, dans tout ça, on prend l’avion demain matin pour l’Afrique du Sud. Du moins, on va essayer.
Et vu l’incroyable soirée qu’on a passé hier, si on arrive à partir, ce voyage s’annonce très très bien. Camille a le diable au corps.
Dimanche 18 Novembre
On s’est réveillées ce matin à 6h pour découvrir Marso qui dormait paisiblement dans un canapé du salon chez Camille. Le petit oiseau était arrivé en douceur pendant la nuit. On est donc parties toutes les cinq : moi, Marso, Cess, Mallou et Camille ; amenées par nos supers pilotes Aline et Nico qui se sont levés aux aurores pour nos beaux yeux.

Après des adieux déchirants à l’aéroport au milieu des gens bloqués depuis la veille, car l’aéroport avait été fermé pour éviter les débordements, on a pas pu s’empêcher de tchatcher la meuf de l’enregistrement. On est déjà très très en forme et hyper sociables.
Et puis soudain, Camille se sent mal. Elle est même pas blanche, elle est jaunâtre. Elle se vide et c’est de toutes les couleurs. C’est ce qu’on appelle un surlendemain de cuite. Et la meuf se trouve une excuse : « C’était la redbull, c’était pas de la vraie ». Bien sûr. La vodka qui allait avec, par contre, y a pas de problème. Après plusieurs allers-retours aux toilettes, on a bien cru qu’on prendrait l’avion sans elle. J’ai dû justifier au gars de l’embarquement : « Euh, attendez, il en manque une, elle est aux toilettes ».
Au final, dans l’avion, tout va mieux. Par contre, on se retrouve dans une ambiance wagon restaurant sncf « on part au match-ed’-foot », avec, en outre, un mec bourré qui nous lance un regard lubrique.
L’avion est un petit coucou minuscule. On doit faire du frotti-frotta pour se déplacer, très sympa. Bref, grosse ambiance ! Mais tout cela n’a pas dérangé Marso qui a roupillé comme un bébé. Cess, de son côté, s’est pris une petite salade d’achards sur les jambes. L’hôtesse lui a proposé une coupe de champagne pour se faire pardonner et elle a même pas accepté ! Sinon, il y avait aussi quelqu’un qui n’arrêtait pas de lâcher des caisses.

Ensuite, on est arrivées à Johannesburg, on a récupéré la voiture et les choses drôles ont commencé : voiture automatique, conduite à gauche. Voila, tout est dit. J’ai paniqué au premier rond-point, je me suis faite klaxonner mais tout s’est bien passé. On a fini par arriver dans notre super logement hyper stylé. Puis on est parties se balader à Soweto. On est resté dans la bagnole la plupart du temps parce que c’est un peu ghetto.

J’arrête maintenant parce que je suis morte. Il est 21h30. Tout le monde dort, j’y vais aussi.

Lundi 19 Novembre
Camille: « 7h32, 19/11/2018 : I’m so excited !!! Aujourd’hui, nous allons devenir riche ! Mouahahah. Visite des mines de diamant !
Ce matin, Cess s’est fait un pote, le chien de la baraque ! On adore. »
Marso se déguise en golfeuse pour aller visiter la mine de diam’s.

Mardi 20 Novembre

TÊTE DE MORT la journée d’hier… C’est pour ça que j’ai rien écrit. On est parties de Jo’ à 9h et on s’est tapé les bouchons. On avait rendez-vous à la mine de diamant de Cullinan à 11h mais on est arrivées à midi. On est donc allées manger et on s’est greffées à un groupe de français à 13h30. La visite était vachement bien mais le groupe de pré-retraités était juste hyper relou, ils ont appelé leur guide Janet « Janet la Reine des Paupiette ». Des barres de rire en perspectives. Y a une meuf qui a tiré la langue à Marso et Mallou quand elles lui ont dit « chut » parce qu’elle parlait hyper fort. Mais la meuf a genre plus de 50 ans. Une autre a fait un caca boudin parce qu’elle voulait un diamant rose et qu’il n’y en avait pas. Camille a fait sa première de la classe, la fayotte avec le guide. On a aussi vu la réplique d’un diamant bleu qui appartient à Trump, « Bad Diamond » il a dit le guide de la visite.

Avant de repartir, à 15h30, on a fait une leçon de conduite sur le parking et Cess a pris le volant. On a fait Cullinan → Nelspruit. Là, on a fait des courses. On est sorties à 19h30 du Spar. Ok, il reste 2h de route.

Mallou prend le volant. On a pris pas mal de dos d’âne à 50km/h avec notre super 4×4. On trace la route, on s’enfonce dans une réserve, on fait de la piste. On arrive à un portail « Thornhill Safari Lodge ». Marso a la présence d’esprit de demander au gardien si il a vu passer un couple (Caca et Thomas, c’est à dire ma soeur et son mec, qu’on est sensé retrouver ce soir). Non. Non. Non. Doutes, hésitations. On essaie de comprendre et le mec nous tue en nous disant « I think you are lost ». La location qu’on cherche c’est « Thornhill Guesthouse », dans une autre réserve. À 50 kilomètres d’ici. Il est 21h30. J’ai envie de mourir. Je tombe dans un coma végétatif 15 minutes pendant que Mallou et Marso réussissent à obtenir un plan du gardien. On reprend la route. Le stress monte. On explose le hors-forfait de Cess. J’arrive à avoir Caca au téléphone, elle va m’envoyer les indications les plus précises possibles. On avance, on tourne, on recule, on demi-tour et ENFIN, le panneau « Liverpool » annoncé par Caca ! Joie et bonheur ! On tourne à droite et c’est reparti pour de la piste. On suit les indications et ça colle nikel ! On passe le portail vert comme prévu. Ok, n°43 nous dit le gardien, à gauche puis à droite, on y va. Et on passe devant le n°52. Puis 53-54-55… Merde. Pas normal. « Monkey Manor » ? Connaît pas. Merde, on fait demi-tour. On revient sur nos pas. On trouve une piste, on s’engage, en fait, ce n’en est pas une. On se retrouve dans la caillasse. Galère. On recule et tout d’un coup, face à nous : une petite girafe. On est un petit peu émerveillées mais surtout blasées. Demi-tour encore une fois, on retourne voir Joe le Gardien qui nous sort une carte. Genre, la première fois, c’était pas possible… Ok, « Monkey Manor », c’est le n°40. On était tout près. On repart. On arrive enfin. Il est pas loin d’une heure du matin. Je vais taper la discussion avec Thomas et Caca dans leur pieu. Une petite salade et au lit.

Et aujourd’hui, nous sommes allées visiter le Blyde River Canyon.

Camille : « Ce matin, le réveil sonne à 8h, ça pique grave. Bref, on a dormi, on s’est reposées et aujourd’hui, « bonnes vibes » on va kiffer ! 10h : départ, je prends la route, du moins, le volant for the first time, je ne me chie pas dessus car mon transit is ok. Et c’est parti. Premier arrêt, on voit une famille girafe : maman girafe, papa girafe et les bébés. Nous prenons la route pendant 2h30 car nous suivons Maps.Me qui ne sait pas faire la différence entre la « good road » et la piste. Bref, on kiffe, paysages de cinglés, petits villages authentiques, puis piste, puis forêt… It’s just so beautiful.

On s’arrête à un point de vue so cool. On take des photos puis Mallou prend le relais niveau conduite because j’ai les yeux qui pleurent. On est allées voir God Windows, c’était stylé, jusqu’au moment où on se tape une mini montée mais qui met tout le monde au bout de sa vie. Hypoglycémie générale, on a la dalle, il faut vite manger !!! Légère tension ressentie puis vint le stress de Marso, il faut la rassurer, elle a faim et on a plus de provisions . Les étapes s’enchaînent vite, Cess au commandes, Elise au GPS, Mallou and me aux petits soins de Marso. « Il reste 5 minutes avant le restau Marso ! » 4 minutes, 3minutes… Marso se sent mal, changement de tête, hypoxémie, elle devient blanche, grise, jaune, on ne sait plus trop. Bref, malaise ! Mallou et moi, on reste auprès d’elle et Cess et Elise courent aux Harrie’s Pancakes de Graskop prendre une table pour nous et lui ramener du sucre. It’s ok, on mange. Nous sommes very happy, on s’en met plein de bide ! Sucré, salé, tout y passe ! Bref, nous voilà regonflées à bloc, on repart pour Lisbon Falls, Berlin Falls où le gardien du parking nous drague mais on s’en cogne.

Direction les « bourses » ou plutôt les marmites du Géant mais on se casse le nez ! Il est 17h05, c’est fermé depuis 17h. Personne dans la voiture ne veut dire que c’est my birthday pour pouvoir entrer. Ok, on respecte, je suis dèg mais on continue. Et là, la route est sublime, on oublie les marmites du géant et on kiffe les Three Rondavelles. On s’arrête une fois puis deux, puis trois, to take pictures. On passe enfin la barrière et le miracle fut. Moment d’immensité, d’intensité, de connexion avec la nature. C’est un délire. Envie de pleurer. On s’avance et bien évidemment, je ne prends pas le même chemin que les autres et là… face à face with a monkey. Hahaha. Pas le « hahaha » je ris, mais le « hahaha » j’ai peur ! Bref, on rigole au final, scène mythique filmée par Elise pour son prochain film. On like. Puis, là on fait nos bonnasses des trois rondavelles : photo en long, en large, en travers, en pro, en pano et même en biais. Thanks les spanishs boys qui étaient là pour nous prendre en photo. On repart, on prend la route pour rentrer car c’est la fin de journée. On prend de l’essence dans une station service plutôt animée : échange de sons, de danses avec les locaux, on se shazam nos morceaux, on repart en fanfare sur Aya Nakamura. Very nice. Puis enfin,on se retrouve sur la bonne route, celle qu’on aurait du prendre hier… On passe sous le tunnel et là, on rentre à notre case. Kiff total !!!

tout confortable.
Apéro swimming pool, échange hyper convivial, on parle de tout, on se détend, on boit du vin dans la piscine, bref, a very nice crew. Cess et Mallou vont se laver, je m’occupe de restaurer mes pépèttes, en attendant, Marso et Elise se baignent à poil ! Là, on mange, moment solo pour toutes et puis voilà, on va faire dodo. Il est actuellement 22h30. Demain, debout 4h puis on se casse au Kruger ! La suite au prochain épisode !

Nota Bene, une petite citation de Marso alors qu’on contemple les Berlin Falls :
Marso : « Je vais m’asseoir un moment pour profiter de l’instant présent… »
Cess : « Oui, mais là, tu es sur mon pied. »

Ici Cam et Elise en plein brainstorming, au petit dèj, comme vous pouvez le voir à nos belles gueules.
Mercredi 21 Novembre

Réveil à 4h30 du matin ! Aujourd’hui, on quitte notre magnifique lodge pour aller découvrir le parc Kruger. On a encore traîné, on est parties avec une demie-heure de retard mais on arrive à Orpen gate dans les temps, avant 7h30, la limite pour entrer avec notre type de ticket. Du coup, comme d’hab’, on prend la conf’. On s’arrête au premier campement de l’entrée, on va prendre un café. Je vais acheter une carte postale pour mon reuf. Je retourne auprès des meufs, je vois que Mallou a acheté un écusson avec le drapeau de l’Afrique du Sud. J’en veux un alors je retourne au magasin. Cess aussi en veut un, du coup, elle retourne aussi en achter un. Puis Marso aussi au final. Les filles fument une dernière petite clope parce qu’àprès, c’est interdit. 8h00 passées, on a toujours pas commencé.

Enfin, nous voilà sur la route. Rapidement, on commence à voir des impalas, des pintades, des écureuils, puis des buffles ! Premier animal du Big Five vu ! Mallou s’empresse de le cocher sur sa liste pendant que Cess angoisse qu’on laisse les fenêtres ouvertes trop longtemps.

Quelques heures plus tard, au loin, on voit un amas de voiture, mais Papi mais Que Pasa ? On s’approche. « A leopard » nous chuchote t-on… WHAT ? Où ? « là bas, près de l’arbre », nous expliquent des français « il vient de tuer un bébé impala ». Oh. Un peu tristes mais surexcitées, on scrute le léopard, on se dispute pour la meilleure place. Marso se prend un Fuck de la part d’un anglais, qui se prend un « ta gueule » en retour. Mais au final, récompense de notre attente, on le voit chiller dans son bosquet en train de finir son casse-dale à l’impala, puis se lever pour aller se caler oklm contre un arbre. La maman impala pleure. C’est la dure loi de la nature.

On trace la route, on est en retard. Il est midi, on a pas fait la moitié de la route. On a rendez-vous à 16h pour faire un sunset drive. Camille nous expédie ça vite fait bien fait, on apprendra plus tard qu’il y a des radars au Kruger… On revient dans les temps à la pause dèj pas ouf avec des gens pas aimables. Cess prend le volant, Marso passe co-pilote et Camille s’endort pendant que Mallou continue à cocher des cases : girafes, éléphants, oiseaux, zèbres, hippopotames, crocodiles et grand koudou que j’ai d’ailleurs mangé ce midi, it tastes like boudin.

À 16h, nous arrivons au camp où nous passerons la nuit, le Lower Sabie. On est surclassées, la bonne nouvelle. À 16h30, on monte dans le minibus/pick-up/4×4 des rangers pour le sunset drive. La meuf porte une arme et fait des blagues. On arrive à voir des lions ! Un groupe de lionnes qui se prélassent dans le soleil couchant et le gros patapouf de lion qui se pavane avec sa grosse tignasse. Et des hyènes dont une vachement mal en point… Mais tout ce qui vit au Kruger « dies in Kruger », nous dit la ranger.

Et on voit des hippopo hors de l’eau et ça c’est stylé. À un moment, on passe devant un arbre d’où pendouille des cosses, un mec demande ce que c’est. « Sausage Tree » répond la ranger. Marso se tourne vers nous, sûre de son coup pour nous informer « arbre à saucisson » nous dit-elle… Mais vers 17h, le vent s’est levé et on s’est pris une tempête de sable dans la gueule pendant que l’orage craquait au loin. L’un dans l’autre, on perd facile 15°C. Il faut savoir que l’après-midi, nous étions montés jusqu’à un petit 41°C. Quand tu sors de ton Opel Crossland hyper climatisé, tu as l’impression de te prendre le souffle du sèche cheveux dans la tronche. Sauf que, pour le sunset drive, de nous cinq, seule Cess a un pull. Moi, j’avais bien vu sur le papier qu’ils disaient qu’il fallait prendre un pull pour la sortie. Oui, mais j’ai eu la flemme. Et nous l’avons bien regretté, les unes serrées contres les autres, Camille, recouverte par nos sacs pour la couper du vent, désignée pour tenir la lampe torche toute la fin du sunset drive, qui attend juste le retour au camp, sa lampe éclairant plus le ciel que les bêtes sauvages, tellement elle en avait ras-le-cul. Et quand on se retourne et qu’on voit que tous les autres du bus ont, eux, prévu leur petit pull, on est encore plus dèg.

On finit par rentrer, on chope Caca et Thomas qui sont aussi là, on file au resto se péter le bide et on en avait bien besoin.
Jeudi 22 Novembre
Cette nuit réparatrice, on en rêvait. Pendant que d’autres (Caca et Thomas) se lèvent à 5h30 voir des animaux, nous nous levons à 8h30 pour aller prendre un giant breakfast des familles. On se cale alors à la terrasse panoramique du restaurant, avec une vue sur la rivière où boivent des éléphants et se baignent des hippos.

Et là, un grondement se fait entendre au loin. Un troupeau de buffles débarquent au triple galop ! Dans un nuage de poussière, ils arrivent au bord de l’eau, ils sont plus d’une centaine. Ils s’alignent pour boire un coup, accompagnés de zèbres, minuscules dans leur sillage et repartent comme ils sont partis. En deux secondes, tout redevient calme. Sacré spectacle. Et là, on ne sait pas ce qu’il s’est passé mais un hélico vient de se poser au camp. Vu la tête des serveurs, il a dû se passer un truc important : malaise, accident de safari, on ne saura jamais.

Moment casquette
Comme on est en safari, on doit mettre des casquettes parce que ça fait safari. Dans la 4×4 du sunset drive hier, Marso avait peur de perdre sa belle casquette Nike rose vintage. Cess : « Ah bah moi, si je perd la mienne, c’est pas grave, elle est moche ». Il faut dire que Cess n’assume pas sa casquette rouge Quechua. D’ailleurs, elle s’est envolée à un moment mais je l’ai arrêtée avec mon visage. Et Marso a rattrapé celle d’une dame devant nous avec un cri disproportionné. La meuf est complètement dévouée à la cause des casquettes qui s’envole.
Fin de l’interlude

Camille : « Nous avons fait nos touristes de base dans la boutique à côté du resto. Elise et moi-même avons carrément acheté des bouteilles d’eau « Kruger ».
On commence notre safari à 11h30, normal. Il est maintenant 13h30 et on a déjà vu des lionnes et un lion, des koudous, des éléphants, des girafes, des bambis, et deux espèce d’antilopes qu’on avait pas encore vu : hippotrague noire (rare) et un cobe de fasse (mâle), des zèbres, d’innombrables oiseaux… Bref, on est vraiment dans un safari de fou ! Tout le monde est au taquet, casquettes sur la tête, jumelles devant les yeux et on « guet-a-li ».
Marso tient la carte et Elise précise notre emplacement avec son gros orteil. Is it normal ?
En attendant, je me suis enfin coupé et limé les ongles. Nikel. Cess s’est endormie et ronfle légèrement c’est mignon.

Instants choisis :
À la recherche de « cheetah » (le guépard).
Camille : « Je comprends pas, pourtant, j’ai mes règles, ça devrait les attirer ».
Elise : « on a qu’à faire pendre tes vieux tampons à l’arrière de la bagnole, ça, ça devrait les attirer ! ».
En attendant les rhinos :
Mallou : « Si ça se trouve, on va voir des rhinos ailleurs… » (à l’extérieur du parc)
Elise : « De toute façon, les rhinos, c’est comme les baleines. C’est pas une obligation de les voir, c’est une chance. »

Il est 15h. On a vu le Big Five ! Le dernier qu’il nous restait, le rhino, et qu’on ne pensait jamais voir, nous est enfin apparu ! Il est était là, pépouze, à quelques mètres de la piste. Il faut savoir qu’on ne dit pas combien de rhinos il y a dans le parc, ni où on les a aperçu car ces pauvres bêtes sont victimes de braconnage. Fières comme des poules, on prend la route vers la sortie, il est 17h, le parc ferme ses portes à 18h30 et on a pas envie de rester bloquées là la nuit. C’est moi qui conduit et j’accèlère un peu le rythme, tout en respectant bien entendu les limitations de vitesse. Je crois voir quelque chose dans le fond d’une rivière, un hippo ? Un éléphant ? Et non! Deux rhinos encore ! On est dans un coin à rhino ! On est refaites, on les voit trop bien. On repart et là, au sommet d’une côte, un gigantesque rhino traverse la route juste devant nous, j’étouffe un cri. Il est tellement gros et tellement près de nous. Je sens mon cœur qui s’emballe, silence de mort dans la voiture pendant que le mastodonte finit sa traversée sans nous accorder plus d’importance qu’un simple regard. On se sent minuscules et vulnérables. Cette corne qu’il a !!! Impressionnant !

Camille : Au moment de la sortie du parc, un bambi surgit devant la voiture. Écrasage de la pédale de frein, grop flip !
Marso: « Il vaut mieux deux flips que un mort ! » »
Marso : « Et pour clôturer le tout, le pet de Cess qui a soit disant « prévenu tout le monde », mon œil ! Effectivement, elle a le cul pourri, ça travaille dans son bidou, elle ne nous fait pas de la comédie, sorry, j’écris mal, la chef conduit sur de la piste ! »
Camille: « Nous en avons pris plein les yeux hier et aujourd’hui, le safari est une expérience indescriptible. Il faut vraiment le vivre pour comprendre. Bref, c’était oufissime ! On est donc sorties du Kruger et on prend la route pour le logement « Lala ethlatini Bush Camp ». 19h00 : arrivée au logement. On sort de la voiture, on la vide, on sort nos sacs et bien sûr, comme je suis toujours la dernière, je vérifie qu’on ai rien oublié. Bref, je me tourne et je me trouve nez-à-nez avec un buffle ! Je dis à Elise qui est derrière moi avec le sac de bouffe dans les mains « Putain meuf, il y a un buffle », et ma petite Elise panique, rit de stress et se casse en reculant jusqu’à l’escalier de la maison sur pilotis (on comprend mieux pourquoi) ! Des zèbres envahissent alors la cour à leur tour, et des impalas aussi. À ce moment, je suis dans un état de stress intense, pouls qui augmente, presque jusqu’à l’arrêt cardiaque, tremblements intenses, blocage instantané. Je n’entends plus rien, je ne bouge plus, moment de stop. Je reprend vite fait mes esprits et je pense à ma sécurité. Je monte dans la voiture et ferme la porte, je mets le contact, les feux puis je mets la marche arrière. Le coffre est ouvert mais je m’en tape royalement !
Finalement, les zèbres et les impalas se cassent, puis il s’avère que le buffle est en fait un gnou et il se casse aussi. Elise revient, prend mon sac, je sors de la bagnole et je me casse. Je rentre dans la case, je m’assois sur la canapé, et tout retombe avec les larmes qui me coulent le long des joues.
Maintenant, je l’écris avec beaucoup d’amusement et je relative. Expérience de dingue, gravée à jamais dans ma petite tête.

Il nous arrive encore des perles dans la case. Nous avons cinq cervaux mais ils ne fonctionnent guère.
1ère boulette : Elise fait chauffer de l’eau mais n’allume pas la bouilloire. Haha #blonde
2ème boulette : Marso fait une machine avec beaucoup d’engouement, met la machine en route, ne comprend pas comment ça marche. Teste, appuie sur les boutons, reteste… Mais en fait, il s’évère que l’arrivée d’eau est coupée. Une demie-heure pour comprendre le concept. #marso
3ème boulette : Elise met les pâtes à chauffer mais n’allume pas les plaques de cuisson #elles’enbranlesiellenemangepaselleabouffécommeunegrosseà16h
4ème boulette : Marso et Cess sont mignonnes pausées ensemble dans le transat puis décident d’un seul coup de flatuler ensemble.

Bref, je crois que la pression redescent.
21h : les pâtes sont prêtes mais elles arrachent !
Vendredi 23 Novembre
C’est parti pour 7h45 de route, on traverse le Kwazulu Natal pour rejoindre le Drakensberg. On a déjà 30 minutes de retard sur le planning donc tout va bien. Chemin faisant, on discute du fait d’avoir une piscine chez soi et de la galère que ça devient si tu vis dans une réserve naturelle car les animaux viennent probablement y boire.
Cess : « Et si tu as un zèbre dans ta piscine, tu peux dire : J’ai Aquaponey ! »

Sur la route, on s’est fait arrêter par la douane ou les flics, on sait pas trop. Petit stress car je suis la seule conductrice déclarée et c’est Mallou qui conduit. Mais quand j’entend le mec demander si on conduit une Opel Corsa ou une Opel Moka, je me dis qu’on est pas sur un contrôle très sérieux. Il a l’air de kiffer l’auto alors je lui dit « Brand new car ! », il répond que oui, vu qu’on a même pas encore de plaque d’immatriculation. Et que le papier provisoire a périmé hier. On nous regarde les pneus mais pas les papiers, on papote, on rigole et ils nous font repartir. Que voulez-vous que je vous dise ? Five Girls In A Car !
Camille : 13h : On s’arrête à Ermelo, petite bourgade bien sympathique, bien typique où clairement nous sommes en minorité mais c’est trop cool. C’est une ambiance festive avec du son partout et c’est aussi le BLACK FRIDAY. On mange puis Marso and me allons faire 2-3 magasins. On rentre dans le premier et Marso se fait un pote. Le vendeur lui serre la main et ne s’arrête plus. Il lui main une petite main le long de sa joue en lui caressant délicatement le menton, lui remet sa mèche de cheveux derrière son oreille. So cute ! But, Marso m’appelle avec un peu de flip dans le son de sa voix. Je me retourne et elle me raconte ça. Je rigole beaucoup et elle me dit « décale, décale, il veut des trucs bizarres ! ». Je suis toujours morte de rire. Bref 14h30, on reprend la route avec moins de frustration car on sait que le BLACK FRIDAY dure jusqu’au 1er décembre et qu’on sera à CAPE TOWN ! Et oui, que voulez-vous, on reste des nanas…
17h. Elise : « Je viens de gratter mon aisselle et maintenant, mon doigt il pue. »
20h : On arrive enfin au Ledges Retreat. Avec 4h de retard, on ne comprend pas trop pourquoi. Serait-ce la virée shopping ? Le fait qu’on confonde un magasin de canapé et un resto ? La demie-heure pour trouver à manger ? Les pauses pipi ? Mystère !

Et hier, on a oublié de raconter l’arrivée à Marloth Park, la réserve où on a dormi hier. À l’entrée, la meuf me décrit l’itinéraire avec un accent à couper au couteau. Je suis hyper concentrée sur ses indications : « Left then rrright » et moi qui répète texto sans réfléchir « Rrrrright ? » avec le même accent. Oups. J’entends Cess pouffer de rire à côté de moi alors que la meuf continue ses explications. Je sens les premiers tremblements du fou rire monter en moi, je me retiens jusqu’à ce qu’on reprenne la route et qu’on soit hors de portée d’oreille où on se tape une grosse barre ! Du coup j’ai pas du tout écouté les indications.
En tout cas, on a énormément de succès avec les hommes ici ! Marso se fait tripoter les cheveux alors qu’elle aide Camille à manoeuvrer le Crossland, je me fais apparement mater de ouf, dans une supérette, un mec nous pèse les oignons, nous donne un carton pour mettre nos courses, on sent des regards traînants sur notre passage… Quel succès !
On vient de comprendre qu’on traîne tellement que ce midi on a quand même mis 1h30 à manger un truc dégueu sur un trottoir. Ce n’est pas normal. On a décider de calculer notre taux de perte de temps. Selon un calcul astucieux déniché par Marso, la seule scientifique de ce groupe, sachant qu’on met 12h à faire ce qui est prévu 8h, on a donc un pourcentage de perte de temps de 1,5%. Ne me demandez pas à quoi cela va nous servir, je n’en sais rien.

dans un cottage à Mont-aux-Sources
Marso : « Comment perdre du temps inutilement avec cinq filles ? Voici les raisons :
- 30 minutes pour trouver une place de supermarché et un endroit pour « sepp » (comprendre « pisser »). 10 minutes avec la dame pipi, le temps de retirer nos sacs à dos. On trouve un semblant de « 3 Brasseurs » où on espère pouvoir manger, en vain, il s’agissait d’un magasin de literie et canapés.
- On repart, on trouve un resto rapide. 15 minutes pour regarder, lire, comprendre, choisir. Pour au final décider un menu épuisé. Rebelote, 5 minutes pour re-réflechir. On commande, on paie, je prend le « bobotie », spécialité d’ici. Je fais part de mon feuilleté aux filles et là, c’est le drame, personne n’avait vu que le resto en proposait au bout de 30 minutes de lèche vitrine-snack.
- On récupère nos commandes, on s’est tatées à manger dans la voiture, faut le dire, on passe pas assez de temps dedans, juste 12 heures aujourd’hui. On décide quand même de faire un effort et de manger ailleurs. Où ça ? Sur le trottoir, à un mètre de la voiture.. On mange la moitié de nos commandes parce que c’est quand même pas terrible. Cess et Elise partent s’acheter un dessert. Avec Cess et Mallou on patiente et au bout de 10 minutes, on décide avec Cam d’aller faire les magasins. Or Elise et Cess sont revenues à la voiture 30 secondes après notre départ. Rebelote, les filles attendent. Je vous l’avoue, on a pris un peu trop notre temps pour trouver deux paires de chaussures. Bon, pas d’abus, on retourne retrouver les filles. Car, aujourd’hui, c’est le Black Friday, mon idée de m’acheter des converses blanches basses de taille 37 me trotte à l’idée depuis un petit moment. J’essaie donc une paire : du 36. Le pied droit était bon mais le pied gauche trop petit. J’essaie une autre paie mais trop grande. Le vendeur me donne une paire, une autre, puis une chaussure en 36 et l’autre en 35. Comment veux-tu que je gagne du temps ?
- Toutes dans la voiture, je conduis, puis 3h après, pause café. Dans la station-essence, on fait une fois le rayon, deux fois le rayon. Personne n’a envie de rien mais on fait quand même la visite. Le temps de la visite dépend d’ailleurs de la superficie de la station service. On veut rien acheter mais on trouve toujours une connerie à bouffer, à boire. On ne sait même pas reconnaître une bouteille d’eau gazeuse sucré ou salée. Allez, un petit jeu du goût au passage, ça nous occupe dans la voiture. Hop, 30 minutes après, quelqu’un a envie de pisser, c’est pas comme si on avait le temps, ou qu’il y avait la queue. Tout le monde est enfin prêt, nous remontons dans la voiture.
- Rebelote au supermarché, on anticipe afin de gagner du temps, l’ambition est là. On se partage les tâches, chacun doit trouver ses légumes, la sauce tomate, et là, Camille et moi-même prenons du café. Bonne intention, mais il s’agissait de la mission de quelqu’un d’autre… En revanche, on devait prendre des saucisses mais stock épuisé. Le responsable nous prête un caddie à la fin de nos courses. Tellement cute, on a pas osé lui refuser son super caddie, nous avons juste dû attendre 5 minutes pour qu’il aille le chercher pour au final faire 2 mètres avec, jusqu’à la caisse. UNE VRAIE PERTE DE TEMPS pour excès de gentillesse ! «
Samedi 24 Novembre
Marso a voulu dormir dans le salon avec le chat. Et bah, qui c’est qui a passé une nuit de merde alors que nous, on a dormi comme des princesses ? Et bah, c’est elle ! Pourtant, c’est pas faute d’avoir demandé des conseils de nuit avec chat à Mallou qui lui a répondu « si tu veux dormir tranquille, tu le sors ». Non, elle s’est entêtée et s’est donc réveillée toutes les demie-heures pour le dégager de son pieu, jusqu’à ce qu’il commence à copuler avec sa couverture et à 5h du mat, elle l’a finalement dégagé dehors et après il a commencé à miauler. Sympa la nuit de merde.

Autrement, nous avons quitté notre logement, un cottage hyper cosy à Mont-aux-Sources pour nous rendre au Royal Natal, un parc national et on en a pris plein la vue : le décor de malade mental ! On a fait une petite rando pour aller voir des bassins et on a poussé un peu plus loin jusqu’à Tiger Falls, des petites chutes de 2 mètres, un peu cachées où on était complètement seules et où on s’est baignées dans le bassin. Alors bon, c’est de l’eau de source alors bonjour la fraîcheur ! Mais on a fini par une petite séance de topless pour, comme dit Camille, « se retrouver en corps à corps avec la nature ».

Après ce retour aux sources, on a repris la voiture pour aller voir l’amphithéâtre, une énorme formation rocheuse où on retrouve les 2ème plus hautes chutes d’eau du monde mais qui sont à sec en ce moment ! Too Bad !

C’est là que Mallou décide de nous faire un petit malaise. On est donc reparties pour aller manger un morceau. C’est vrai qu’il était déjà 14h30. On a mangé les meilleures pizzas de la galaxie à Tower of Pizza et c’est parti pour 3h30 de route. Camille a de nouveau le diable au corps sur la fin de la route et elle a aussi des coups de soleil balèzes.

On a eu le droit à un bête de coucher de soleil sur la route et on arrive enfin à la ferme où on va loger deux jours dans le sud du Drakensberg. C’est à la roots ! On fait une grande lessive dans la baignoire et on se lave au pichet !

Camille : « Après la lessive, le moment de l’essorage vient. Mallou et moi-même commençons. Elise devait nous aider mais un contre-temps l’en empêche. Bref, elle s’allonge sur le canap car elle se sent fébrile. Je passe dans le salon pour mettre le linge à sécher et au retour, je vois ma chère Elise les jambes en l’air, les bras en arrière avec les yeux fermés et une mine radieuse mais d’une blancheur extrème voire même grise. J’ai badé un instant, j’ai réellement cru qu’elle était morte avec les lèvres de la même couleur que son teint… Jusqu’à ce que je dise : « Elise, ça va ? », qu’elle me réponde oui, et qu’elle revienne enfin parmi nous. Ouf ! J’ai grave flippé mais c’est bon, elle va mieux, elle est recolorée et a sa couverture qui gratte comme chez les grands-parents sur elle.
Nous attendons les filles qui sont parties checker la Wifi et puis sûrement parler à leur mec, mais nous trois on a la flemme et puis, il faut le dire, on a pas de mec. Donc du coup, on décide de manger des melons sans interêt, il faut le dire, c’est de la merde. »
Dimanche 25 Novembre

Il fait frais ! Hier soir la température est descendue à 13°C. Camille a donc piqué toutes les couvertures du lit du dessus pour les mettre sur elle et elle me dit « Ah, là, je vais être bien ! Ah mais attends… C’est beaucoup trop lourd. J’ai l’impression d’avoir quelqu’un allongé sur moi ! ». Et Marso, elle, est partie rejoindre Cess à l’office et il y a une petite trotte et il fait nuit. Et là, la meuf se met à penser à un épisode de Crimes (by Morandini) où une jeune fille se fait violer dans une auberge de jeunesse. Alors, elle se met à courir et tout d’un coup, elle voit une voiture. Le flip augmente ! Elle trace, passe côté droit, comme ça le passager ne pourrait pas l’attraper. Et un petit finish en sprint pour tester son endurance !
Ce matin, Camille, Mallou et moi-même sommes allées faire du canasson autour de la ferme où on loge. Mallou avait un cheval peinard nommé « Sparkle », moi un speedy gonzales nommé « Mister Jack » et « Sky », le poney de Cam était lui, une grosse feignasse qui soupire dans les montées et qu’elle talonnait à mort mais « il en a rien à foutre ». Il y avait avec nous deux belges, qu’on a fait galoper alors qu’ils étaient pas montés depuis 15 ans. Et aussi, Jack, le mec qui nous encadrait, et qui s’appelle presque comme mon cheval. On a juste trop kiffé, c’était magnifique. On a trotté, galopé à travers l’immensité du Drakensberg. Le pur pied. Par contre, Camille avait un pantalon 3/4 et se retrouve avec v’la le bleu sur les mollets. Moi qui portait une paire de chaussettes montantes violettes trouvées au Kruger, je les lui file au milieu de la balade en échange de ses soquettes pour lui sauver ce qui lui reste de peau.

De leur côté, Cess et Marso on vécu une petite matinée de l’échec. Elles sont parties chercher une location de vélo mais tout était full. La mort dans l’âme, elle sont allées faire des courses. Puis, à midi, quand on les croise à la fin de la balade, elles nous disent qu’elles vont aller marcher dans les montagnes. Excellente idée, pendant ce temps là, nous, on va manger et se reposer. Elles nous ont ramené un poulet rôti, trop sweet ! On fait des pâtes, que Mallou assaisonne avec un peu de beurre de cacahuète car les pâtes à l’eau non merci, on mange, et là, ENORME ORAGE ! Pendant que Cam se soucie de ses chaussettes qui se sont envolées, que j’essaie de contrôler une crise d’angoisse qui monte, Mallou sort ses jumelles et scrute par la fenêtre. « Pour trouver les chaussettes ? », espère Cam. « Non, pour trouver les filles », répond Mallou. Enfin, au bout de longues minutes d’angoisse, OUF, les voilà ! Trempées mais vivantes !
L’orage ne s’atténue pas ! Au contraire, il gronde de plus en plus. Nous avons donc de plus en plus peur et cela nous donne de plus en plus envie de faire la sieste. On passe donc une aprem OKLM dans le chalet entre lecture, sieste, goûter et éclairs au loin, qui se rapprochent doucement… Vers 18h, un énorme éclair craque, suivi d’un coup de tonnerre qui fait trembler les murs. Je suis en stress. Je descends dans le salon retrouver Cess qui bouquine, congelée dans un plaid. Une fenêtre s’ouvre à la volée à cause du vent. On rigole mais on fait pas les malines. Puis Marso descend, débraillée, en slibard, le t-shirt de travers et en chaussettes prendre un petit goûter à 18h30 alors qu’on mange vers 19h-19h30. On ne le juge pas, on en profite d’ailleurs pour goûter un mélange nutella-beurre de cacahuète. Enfin, l’orage se calme un peu. On sort pour aller manger à la salle commune un repas préparé par les hôtes. Une petite partie de UNO des familles et au dodo ! Demain, on se lève tôt !
PS : J’ai eu un mail de Hertz. Ils veulent me joindre car il y a un problème avec la voiture. Ils disent que c’est urgent. Je suis sûre que c’est parce que la plaque d’immatriculation temporaire est périmée depuis hier. Bah, ça attendra !
Lundi 26 Novembre
Aujourd’hui, on part à l’assaut du Sani Pass. On a voulu commencer à 8h mais avec le quart d’heure breton plus le quart d’heure mayennais, on est parties avec une petite demie-heure de retard. Plus la piste jusqu’au poste de frontière, on a commencé à marcher à 9h ! Le début de la rando se passe bien, ça monte en mode tranquille. Il faut dire qu’il y a 1200 mètres de dénivelé pour 8 kilomètres de piste de 4×4. À la moitié environ, je n’ai pas trop le compas dans l’œil, Cess qui a un mal de tête depuis la veille, se sent mal. C’est l’altitude. Marso arrive à faire arrêter un 4×4 et même si au début, ils ne sont pas très chaud de la prendre, elle arrive quand même à monter. Nous, on continue notre rando de l’extrême en espérant voir bientôt arriver le sommet car les pentes se durcissent ! Le paysage est de plus en plus ouf, le souffle de plus en plus court. Tout à coup, Mallou se sent mal. « Du mal à respirer ». Elle enlève sa sangle et là, sa respiration se coupe ! Elle essaie d’inspirer mais rien ne passe, elle siffle. Panique ! Avec Marso, on l’assoie, elle n’arrive plus du tout à respirer. « Détends toi Mallou », « respire par le nez », « souffle ».On lui donne un milliard de conseils qui s’entrechoquent et qui s’annulent® (copyright Thomas Daneau). Mais ouf ! Mallou reprend tout doucement sa respiration alors que des larmes roulent sur ses joues. On souffle toutes, ça va aller. Plus de peur que de mal. Du coup, on en profite, on se pose un peu et on mate le paysage devant lequel on s’extasie déjà depuis deux heures.

Putain ce que c’est beau. On se croirait sous LSD, comme si on avait pincé les montagnes pour leur donner ce relief incroyable. Et on a envie de se jeter dedans tellement c’est vert et duveteux. C’est si beau qu’on en pleurerait.
On repart d’un pas tranquille. Cam et ses cannes de compèt ont déjà rejoint Cess en haut là bas. Enfin, on arrive devant le panneau « Sani Pass 2873 mètres ». On y est. On passe la frontière. On n’est plus en Afrique du Sud, on entre au Lesotho.

On aurait pu s’arrêter là.
Il était midi.
On aurait pu rescendre tranquillou après avoir mangé dans le resto d’altitude.
Mais nan. On s’est dit qu’on allait choper un stop pour aller manger au village d’à côté. On trouve un Lillois très TRES mignon qui veut bien nous emmener dans le pick-up de son pote. Deux devant et trois dans le coffre. Au bout de 4 à 6 kilomètres, alors que nous sommes en pleine cambrousse, c’est-à-dire rien à part des chèvres dans les alentours, le pick-up tombe en panne… Impossible de rédémarrer, on est trop lourd. Il doit repartir sans nous… Nous voilà donc à cinq meufs, en plein milieu du Lesotho, sur une route où personne ne passe, à 1h du poste de frontière au minimum, à au moins 3h de la voiture, avec pas grand chose à manger ni à boire et la météo qui annonce un orage pour l’après-midi. On est dans la merde mais personne ne stresse. Cam et Cess se posent dans le fossé, Mallou fait une tentative de repérage de voiture sur une route désepérement vide et moi et Marso allons à la rencontre des autochtones, discuter un peu. Deux mecs sont en train de construire une hutte. On apprend qu’ils sont là, dans la campagne pour 6 mois, juste tous les deux. Et le reste de l’année, ils vont dans la ville à côté car ici, on est sous plusieurs mètres de neige.
Soudain, au loin, une voiture arrive pleine balle. Rien à foutre, on se jette au milieu de la route pour l’arrêter en faisant de grands signes. On explique, le gars est pas hyper chaud mais on lui force un peu la main et on se serre à cinq dans sa polo. Il fait chaud. Il nous dépose au village voisin car il ne va pas plus loin. C’est un tout petit bled un peu angoissant. Les gens du Lesotho, qui porte des grandes couvertures et des cagoules nous regardent avec l’air de se demander ce qu’on peut bien foutre là. On choppe le conducteur d’un bus de touristes, il est plein mais il va voir si des collègues à lui peuvent nous aider. On les supplie un peu. Ok, deal. Le temps que leurs touristes papotent avec les gens du village, ils nous déposent « quickly » au poste de frontière. On monte dans le 4×4, on leur raconte nos mésaventures. On se rend compte qu’on ne sait pas dire qu’on est en panne de voiture alors Mallou dit « The Car is sick », ce qui les fait bien marrer. Ils se foutent gentiment de notre gueule, ils nous disent qu’ils espèrent que notre avion ne va pas non plus être « sick » !

Ils nous déposent à la frontière et on va donc enfin manger (dans le pub le plus haut de l’Afrique). On sort à 14h30 et déjà, on entend les éclairs au loin. On rencontre un couple de français qui sont très sympa et nous disent de ne pas hésiter à arrêter leur pick-up sin on veut monter, il leur reste une place. Ok, pourquoi pas, ils ne partent pas tout de suite, ils nous rattraperont. En attendant, on prend de l’avance, on entame la descente… Une petite pluie commence à tomber, qui se transforme en grosse pluie, et puis derrière, j’entends Mallou « Ah mais putain ! Il grêle ! » Mais non ! Les putains de grêlons nous tombent effectivement tout d’un coup sur la tronche. Et ça fait mal en plus ! Les bâtards ! On se met à courir après s’être mise d’accord : « dès qu’on peut choper une voiture, on monte, on se retrouve en bas ! ». Mais rapidement, le sol devient de la boue et on doit ralentir l’allure. On se retrouve séparées : Cam est devant, moi et Marso au milieu et Cess et Mallou derrière. On ne se voit même plus. On commence à angoisser quand on se rappelle qu’on a, à plusieurs reprises traversé des lits de rivière à gué. Il faut qu’on y arrive avant que le niveau ait trop monté. On continue donc à avancer le plus vite possible, trempées comme jamais. Et là, ça klaxonne derrière, je me range parce que je crois qu’on gène et avec l’état de la route, on risque de se faire écraser, mais la voiture s’arrête à mon niveau, la fenêtre s’ouvre, c’est le Lillois canon ! « Montez dans le coffre » ! On est ivre de bonheur, on ne se fait pas prier ! On se jette dans le coffre du pick-up, qu’on galère à le refermer. Mallou et Cess sont déjà là ! Plus loin, on choppe Camille ! On est toutes ensemble, on est trop heureuses ! Les deux garçons s’appelent Seb et Sach et on papote entre deux nids-de-poules qui sont à deux doigts de rendre Marso malade. On est presque amoureuses. Enfin, on arrive à la voiture, on est réduites à l’état de compotes mais on est saines et sauves !
Mardi 27 Novembre
La fin de journée hier fut rude. Fatiguées après 2h30-3h de route, on arrive à une station Total. On demande un « car-wash » parce qu’on doit rendre la voiture le lendemain, on se dit que si on la nettoie le soir, c’est déjà ça de moins à faire le lendemain matin. Et là, on assiste au « car-wash » le plus catastrophique du monde. Le gars fait les vitres. On lui re-rapelle qu’on voudrait toute la voiture. Donc, il soupire et puis il verse un arrosoir sur le toit de la bagnole, qui est dégueu, ce qui a pour effet de re-dégueulasser les vitres… Jean-Michel la flemme prendre alors sa petite raclette pour essuyer la moitié de la voiture. Genre, vraiment la moitié. Genre la moitié du capot, le bas côté droit seulement, et puis les phares. Mais pas le toit par contre. Du coup ça coule, donc c’est toujours dégueu. Et le côté gauche est aussi sale que quand on est arrivées. Mais il s’en tape. On est dépitées. Marso et Mallou sont prêtes à aller finir le taf. Ça commence à gueuler jusqu’à ce qu’on nous dise qu’ici, ils font pas le car-wash. Bah, fallait le dire avant en fait ! On est gavées, et là, le gars nous réclame de la thune pour son car-wash à deux balles. On refuse parce qu’on a déjà payé le car wash avec l’essence, il nous poursuit. On l’esquive, il se barre. Il faut dire qu’à ce moment là, on pensait vraiment avoir payé. Alors qu’en fait non. Bref, la voiture est beurrée-dégueu, super génial. Gain de temps : zéro.
Donc, ce matin, après avoir recollé discrètement à la glue un morceau du coffre qu’on a cassé, on est allées à un vrai « car-wash » avec jet d’eau puissant, mousse à n’en plus finir, aspi et tout le bordel. Ils bichonnent notre auto comme un bébé, ils sont à 6 dessus ! Ils nous la rendent toute brillante ! Ensuite, direction l’aéroport de Durban où nous attend notre avion pour Le Cap. On rend la bagnole et là, le gars me demande de venir voir un peu par là, sous les balais d’essuie-glaces, il y a un ENORME IMPACT sur le pare-brise. Mais de 10 centimètres quoi ! Oups… Merci les dos d’ânes et les nids de poules. Mais je clame haut et fort qu’avec ma carte gold, tout est inclus ! Il faut bien que ça serve quand même. Nous voilà donc à l’aéroport. Notre vol a actuellement été décalé d’une heure et demie. On attend.
Une heure et demie plus tard, on est toujours là. On a encore 45 minutes à attendre, mais on va y arriver. On s’est posées par terre sur la moquette. Des mecs nous demandent d’où on vient car notre accent est joli.
Moi : « On doit avoir un sacré accent »
Marso : « Ou alors, on est sacrément bonnes ».
Cam approuve la version de Marso.
On arrive enfin au Cap ! Avec quelques heures de retard. On récupère les sacs, et là, petit plaisir qui ne gâche rien, on récupère le sac de Marso et quelque chose a tâché le tissu. J’y met le doigt, ça sent le monoï. Nos cerveaux ne font qu’un tour, mon gel douche au monoï qui se trouve dans le sac de Marso a tout simplement explosé ! On ouvre le sac et on ne s’est pas trompé mais les dégâts restent limités à ma trousse de toilette ! Et à quelques vêtements de Marso. Plus de peur que de mal !

2h du matin : Pour le reste, j’écrirais demain car ce soir, je suis pompette.
Mercredi 28 Novembre
J’ai la gueule de bois…
Hier, après être arrivées à Cape Town, on est allées au logement qui est trop beau ! En plein Bo-Kaap, trop bien. On met des joggos, parce qu’il fait frais. Marso est stylée comme une dealeuse de drogues, mais pas de la petite drogue sympathique récréative, non. Plutôt de la drogue sale, genre du crack. Elle porte 3 t-shirts, une polaire, deux joggos, sa casquette Nike et surtout les baskets Nike rose fluo de Camille taille 41 alors que Marso fait du 37. On sort dans le tié-kar. Avec un engin pareil, on est sûres de pas se faire emmerder mais on craint un peu quand même, on nous a beaucoup trop répété qu’il fallait vraiment pas sortir tard le soir quand t’es une meuf. Mais on a faim. Sur les conseils de Marius, notre Super-Host, on descend à Long Street. On traîne dans la rue à la recherche d’un endroit sympa où manger. Quelque chose de bon, ras le bol des trucs sur le pouce. Et là, un vigile nous alpague : « Ah, ça fait du bien d’entendre parler français ! ». Philippe, comme il s’appelle, nous dit que le français, c’est sa première langue. Du coup, on lui demande conseil pour un resto et il nous propose de monter chez lui voir la carte. Ça s’appelle « Salt & Pepper ». Ok, la carte est cool, la déco est cool, la musique est très cool. On commande, on mange. Ils commencent alors à débarrasser les tables autour de nous et à mettre du gros gros son ! On est ambiançables alors rapidement, je recommande une pinte et Cam un cocktail. On reste comme des reines sur notre table, l’unique restante au milieu d’un dancefloor encore vide. Et on sirote, et on s’échauffe. Et alors que Cam et moi sortons un moment sur la terrasse, Mallou vient nous voir, les larmes aux yeux presque, tellement elle a ri. « Marso vient de faire la vague ! » Ok, c’est parti, dancefloor jusqu’au bout de la night. La salle se remplit. On arrive à faire passer Aya Nakamura, Marso demande des conseils de breakdance à des meufs, Mallou se fait draguer par un mec fringué comme si il sortait d’un cours de poney. Je voyais la chose de loin en me disant, « ah cool, c’est vrai que Mallou aime le poney » mais je n’ai pas su discerner sur son visage la différence entre un sourire content et un sourire d’extrême gênance. Elle vient nous dire après que le mec est juste trop chelou et qu’il était à deux doigts de lui manger le visage. On essaiera par la suite d’établir un signe discret signifiant « S.O.S, mec relou, venez me chercher ». Bref, vers 1h du mat, j’en suis à ma 5ème pinte quand il faut déjà rentrer. Je veux absolument rentrer à pied, même si Philippe nous dit qu’il y a des mecs avec des baïonnettes. Mais je me plie finalement à la majorité et on rentre en tacos. Le coucher est un sketch, je ne veux pas me laver. Ou alors juste les pieds et les dents. J’essaie sans succès de convaincre Marso de faire pareil. Mais Mallou, avec qui je partage un des lits n’est pas d’accord : « Elise, tu te douches, sinon tu dors pas avec moi ! ». Bon, alors je cours me laver, j’arrache mes vans sans défaire le nœud et je me rue dans la salle de bains.
Et voilà, à 9h, le réveil qui pique dur… J’ai la gerbouille et mal au coco. On part donc en deux temps. Cam et Mallou, en forme, partent devant. Les 3 autres comatent.
On se rejoint toutes vers midi et des bananes et on se balade dans Cape Town. Et là, crackage de slibard, on a toutes claqué 120 balles, si ce n’est pas 180, parce qu’on a acheté des vêtements cousues mains dans un atelier. Mais les fringues sont justes magnifiques, et locales !
Ce soir, c’est au tour de Camille de faire un malaise… On la voyait toute palôte et tout d’un coup : « je crois que je vais partir ». Oulà ! On l’allonge sur le canap’, jambes en l’air mais ça passe pas. Elle a la gerbe, elle essaie d’aller se faire dégueuler mais rien ne vient. Elle accuse les gâteaux du goûter. Il fait avouer qu’on a pas fait hyper fit pour le coup, et elle, elle en a pris deux, alors que clairement, vu la taille des machins, un seul suffisait laaaaargement. Elle finit par manger un peu mais ça ne s’améliore pas. Allez, au dodo la Cam.
Bon bah voilà, on a toute fait notre petit malaise.
Sinon, ce soir, on a décidé qu’on se ferait un truc healthy : une soupe ! On chope butternut, fromage frais, carottes, patates… Trop bon ! Et puis, au moment de faire la vaisselle, je demande « Mais ? Où est le couvercle de la poubelle ? »
Blanc.
Puis, Cess : « Marso ? »
Marso : « Oh non… »
Moi : « Quoi ? »
Marso : « Je l’ai utilité en couvercle pour cuire les légumes ! Je croyais que c’était le couvercle de la casserole ! »
Pour retracer l’histoire, Cess a bougé la poubelle pour éplucher les légumes. Elle enlève le couvercle et le pose sur la gazinière. Quelques minutes plus tard, les les légumes cuisent tranquillou dans l’eau. Marso vient les touiller et voit un couvercle en inox à côté. « Tiens, pense t-elle, ce sera plus rapide pour cuire les légumes si je met le couvercle ». Et bim ! Le couvercle de la poubelle sur les légumes ! Niveau hygiène, on est toujours au top !
Jeudi 29 Novembre
Aujourd’hui, on avait prévu d’aller faire Robben Island. Le truc, c’est qu’on a jamais reçu la confirmation des billets qu’on a acheté en Septembre et qui nous ont coûtés 106€. La veille déjà, on craignait un peu parce qu’on savait plus l’horaire. On envoie un mail, pas de réponse, enfin, si, un mail pour nous dire d’appeler un numéro.
Le matin même, on décide d’y aller pour 8h30 car on sait qu’on aurait jamais réservé une visite plus tôt que ça. Mais, avec nos 1,5% de perte de temps, on y est pour 9h15. On se présente au guichet mais on a rien pour justifier l’achat, à part une capture d’écran du compte en banque de Marso. Le mec du guichet voudrait un numéro de réservation mais on a pas. Et avec la carte de crédit ? Bah non, ça marche pas non plus parce que Marso a utilisé son service Virtualis et qu’ils ne retrouvent donc pas la trace du paiement sur sa carte bancaire. Va falloir faire sans ! Le mec nous fait une tête genre « ça va pas être possible ». Déjà, dans ma tête à moi, c’est mort. Mais le gars sort de son guichet et nous demande de le suivre. Au début, on part en direction des toilettes alors on se pose des questions. « Il nous emmène où, là ? Pourquoi il nous emmène aux chiottes ? » se demande Cam. Mais on bifurque alors vers un bureau. On y trouve 2-3 employés qui blaguent. L’ambiance se détend un peu alors qu’on cherche des solution. Au bout d’un moment, enfin, le gars nous regarde :
«- Marie-Sophie ?
-Oui…
– Elise ?
– Oui…
– Cécile ? »
On a retrouvé notre résa !
Oui… mais non. Parce qu’on avait réservé le bateau de 9h et il est maintenant 10h…
Ascensceur émotionnel. C’est mort. Le gars, sympa, nous tend une feuille de demande de remboursement pour essayer, comme on est française, on peut jouer sur le fait qu’on capte rien ! « Dites que vous êtes perdues » propose t-il. On raconte nos galères sur le papier et Cess a un éclair de génie : « Dis qu’on a envoyé un mail ! » Branle-bas de combat, du coup, ça change tout ! On va chercher le BIG BOSS, Mister Manager comme on l’appelle : un grand balèze charmeur qui veut qu’on lui apprenne à bien dire « Je vous aime ». Il demande à Cess de lui imprimer le mail. Elle va sur l’ordi mais elle a oublié son mot de passe. Du coup, elle fait le changement de mot de passe, la pression monte. Ça y est, on a accès au mail. Mister Manager regarde ça. Ok, voilà le deal. Il veut bien nous recaler sur la visiter de 11h si on paie un supplément de 4€ chacune. Ok, ça roule ! J’ose pas me réjouir trop vite. Il est bientôt l’heure d’embarquer et on doit remonter au guichet payer le supplément. Entre-temps, on a perdu Cam et Mallou qui sont parties fumer. Mister Manager me dit qu’il s’occupe de les retrouver. On va au guichet, on veut payer. Le mec n’a plus de monnaie. Il sort chercher la caisse. Les minutes défilent. Enfin, ça y est, le revoilà, le supplément est payé, la monnaie est rendue, les billets en main, Cam et Mallou retrouvées ! On monte enfin dans le ferry direction Robben Island !

On commence par une visite de la prison avec Jama, un ancien détenu, qui a passé cinq ans sur l’île pour avoir participé à des émeutes en 1976 à Port Elizabeth alors qu’il n’avait que 17 ans. La visite est ouf. C’est super fort. La prison, à partir d’une certaine date, je ne sais plus exactement laquelle, n’accueillait plus que des prisonniers politiques, c’est à dire, des mecs qui se sont soulevés contre l’apartheid. Et quand je suis née, il restait encore des prisonniers ici. Si proche et pourtant inconcevable. La visite se fait en gros groupes, hélas, ce qui nous impose la présence d’un groupe de meufs qu’on a appelé « les meufs à chapeaux » et qui sont hyper désagréables. Du style : je renverse mes pop-corns dans une cellule et je m’en bats les reins, je ramasse même pas, je fais un selfie Duck Face devant la liste des gens morts sur l’île, je double tout le monde et je te dégomme avec mon gros boule et tout le tralala.
Fin de la visite guidée de la prison, on monte dans un bus pour faire le tour de l’île avec les explications mais la meuf qui a pris le relai du guide nous hurle dans les oreilles et j’ai personnellement beaucoup de mal à comprendre ce qu’elle dit. Mallou finit avec un mal au crâne de bâtard. On rentre sur le bateau. Cess se sent mal. Il faut dire que la houle est bien plus balèez qu’à l’aller. On arrive à 14h30, on a la dalle ! On s’arrête manger dans un resto- steack house à Victoria et Alfred Waterfront. Bouh La La que c’est bon !!! On sort de table vers 15h30. Cess qui a pété sa sandale pendant la visite serait chaude pour une session shopping dans l’énorme centre commercial à côté. Il ne m’en faut pas plus pour me motiver et les autres non plus. Allez, un petit peu de lèche-vitrines !
On est sorties à 20h30, on a plus un rond.
Vendredi 30 Novembre
CAP DE BONNE-ESPERANCE ET SA PENINSULE.
Alors que Marie-Sophie s’épile, laissez moi vous raconter cette belle journée.

On est parties de l’appart avec notre demie-heure de retard habituelle. On commence par passer par Chapman Peak Drive, une route de bord de mer qui nous en met plein la vue. On se pose et on fait des poses. On reprend la route et on descend de plus en plus vers le Sud. On fait un arrête à la plage de Noordhoek, une énorme plage de sable blanc où on ne peut pas s’empêcher de courir ! Sauf Cam qui marche comme si elle avait des moon boots pour pas mettre de sables dans ses Air Force One ! On court, on saute, on vole et puis on trempe les pieds mais vite fait parce qu’elle est gelée ! On remonte dans la voiture et on repart.

On arrive à Boulder’s Beach où se trouve une colonie de pingouins. On a très faim alors on commence avant toute chose par aller manger. On est en bord de mer alors c’est la fête du poisson et des crustacés. Entre deux bouchées, je croise le regard d’un type pas dégueu assis pile face à moi, deux tables plus loin. Et puis je l’oublie. Et puis je commence à me curer le nez, je fais une petite boulette et je la propulse par dessus la balustrade. Et puis je re-croise son regard et je sens la déception, que dis-je, le dégoût dans ses yeux. Tout est perdu. Plus tard, je joue avec la nourriture parce que j’ai plus faim, je mets un morceau sur ma fourchette, par un habile tour de passe-passe, en faisant semblant de le manger, je le fais, en fait, tomber dans l’assiette et ça éclabousse partout et ça me fait rire bêtement. Là, je croise une nouvelle fois le regard de dédain du gars. Je ne vaux donc rien à ses yeux. Alors que je ne faisais ça que par altruisme, pour Marso qui avait l’impression de manger seule… À ce moment là, je me rends compte que j’ai les épaules rouges. J’ai bien pris le soleil à la plage. Mallou me dit qu’elle aussi se sent mal dans sa salopette. J’imagine que c’est qu’elle a trop mangé. Mais non, nous dit-elle « J’ai ma salopette qui me fait des lèvres de chameau ». On se tape une énorme barre ! Sur ce, on quitte le restau et on se balade pour voir les pingouins agglutinés près d’une rembarde où s’entasse des tonnes de touristes. On se rapproche mais SCANDALE ! Il faut payer 10 balles pour aller sur la putain de plate-forme. Je refuse en bloc de payer autant pour me battre avec des cars de retraités pour une photo d’une demi-pingouin flou. Les autres sont du même avis alors on fait le tour du patelin et là, on trouve une petite plage sans personne et au bout, des petits pingouins ! Gratos ! Et tranquille. On zone là un petit moment mais le soleil pouak vénère. On s’en va donc, sans oublier de passer par les boutiques de souvenirs bien entendu.

Et c’est reparti, on veut aller au Cap de bonne-Espérance, on trace la route. Et puis là, on arrive sur le chemin du Cap et on passe devant un panneau. Entrée 303 Rands, par personne, c’est à dire 20 balles pour un point de vue ! SCANDALE numéro 2 ! Hors de question. On arrive à se trouver un spot pour se poser hyper cool et on se contentera de ça ! On rentre vers 18h. Cess et Cam vont chez l’arabe du coin chercher du pain de mie et du sucre mais pas de cire en rayon pour que je puisse m’épiler les jambes. C’est bien dommage car je suis très très poilue. Cam et Mallou n’en peuvent plus de ma pilosité alors c’est parti avec la pince à épiler et la frontale. Mallou me fait la jambe gauche et Cam la jambe droite ! Ça va beaucoup mieux !
Entre temps, Cess a fait du poulet aux champis, aux carottes et avec de la crème, j’en ai pris 3 fois !
Mallou : « Comme si Elise n’avait pas fait assez de choses dégoûtantes aujourd’hui (cf restau de ce midi), après le repas, elle nous montre le don qu’elle possède pour entrer entièrement son poing fermé dans sa bouche… Bien entendu, ça nous intrigue toutes, donc on essaie, on échoue, puis Elise nous explique étape par étape le protocole, et soudain… VICTOIRE, on y arrive toutes, fou rire accompagné d’une joie intense, nous sommes très fières de nous et admirons nos faciès dans le miroir. Elise, adepte du « toujours plus » nous explique qu’avec ses vieux copains d’école, ils essayaient aussi avec un verre… Plus le diamètre est grand et plus la performance est belle. Que leurs lèvres épousent entièrement le rebord ! Allez, un nouvel « exercice » comme dit Marso ! Cette fois-ci, il n’y a que deux participantes, Elise et Marso, mais Marius le Super-Host n’aime pas les shooters et n’a que des verres géants, ce sera donc un échec… »
Samedi 1er décembre
Aujourd’hui, c’est la grève pour cause de mauvais temps. On avait le choix entre aller à Cederberg (6h de bagnole aller-retour) ou faire Table Mountain et on était plus chaud pour cette 2ème option. Mais au réveil, la montagne qu’on voit depuis la terrasse, est complètement engloutie par le snuages. Ça sert bien à rien d’y aller maintenant. Mais, au loin, on voit un bout de ciel bleu qui monte. On décide d’attendre. Peut-être que ça va se dégager. Mallou se recouche, les autres, on décide d’aller se « balader », c’est-à-dire, n’ayons pas peur des mots, d’aller encore claquer des thunrs dans du shopping. On a encore toutes quelques chose à trouver : moi un short rose, Cam un drapeau d’Afrique du Sud et deux t-shirts (sur ces derniers, elle est toujours bredouille), Cess des cadeaux pour la belle-mif, Marso des cadeaux pour les petites nièces. On s’arrête frocément dans des magasins de fringues de plus ou moins bonne qualité. On traînasse, on va au marché d’artisanat, on bouine. On va manger chez Mozart On Church, très bonne adresse où manger des bêtes de ptits dèjs sur une terrasse mignonette. Seul défaut, ça sent un peu la pisse. Mais c’est chose courante dans la ville cela dit, donc on ne s’arrêtera pas à ça. On retourne faire une dernière visite au marche et on rentre ensuite à la maison chercher Mallou pour partir à L’ascesion du Table Mountain mais à 14h, il fait bien trop chaud. Le soleil tape dur. On abandonne l’idée de la rando pour opter pour une montée à Table Mountain par le téléphérique. Seules Marso et Mallou sont chaudes de la rando donc on décide de faire deux groupes. Mais avant toute chose, allons faire une petite sieste !

21 heures : La leçon qu’on peut tirer de cet après-midi, c’est qu’on aime plonger la tête la première dans la merde.
Vers 17h, on dépose Marso et Mallou au niveau du téléphérique pour qu’elle fasse la rando d’une heure et demie. On les lâche, on claque la porte, c’est parti pour elles. De notre côté, on fait demi-tour, on part faire des courses pour ce soir, on passe à la maison les déposer, on retourne à Table Mountain.

Il est 18h quand on arrive en bas. On fait la queue pour le téléphérique. On se dit que les filles sont déjà probablement arrivées. Le téléphérique est trop bien, il tourne sur lui-même, on a une putain de vue ! Grosse ambiance à l’intérieur, tout le monde est ébahi, on ressent un énorme vertige en dépassant une crète ! On arrive en haut. La vue est incroyable, les montagnes tombent à pic vers la ville du Cap, magnifique ! Bon, par contre, j’ai oublié mon pull comme une grosse boufonne alors je suis morte de froid mais Cess me prête son sweat. Je suis refaite ! On fait le tour de Table Mountain, on fait « Ouhou » parce que c’est le cru de ralliement mais personne ne nous répond… On se pose au point de vue principal. Je fais le tour de tous les lieux stratégiques à la recherche des filles : boutiques de souvenirs, café, chiottes, point Wifi… Mais pas de trace de Mallou et Marso. On se pose alors au point Wifi en se disant que si elles ont essayé de nous joindre, il faut qu’on checke nos téléphones et que si elles veulent nous joindre, elles viendront ici… Il faut dire que ça fait plus de 2 heures qu’on les a déposé. On commence à faire des suppositions. Et si elles avaient tracé ? Et arrivées ici, elles auraient eu froid et seraient redescendues par le téléphérique ? Et si elles en avaient eu marre de monter et avaient fait demi-tour ? Et si elles étaient déjà carrément à la maison ? Et si elles étaient arrivées et faisaient le tour du point de vue ?
On essaie de pas trop réfléchir aux solutions les plus inquiétantes, d’autant plus que Marcus nous a dit de faire attention car il y a des morts tous les ans sur la rando, quand, vers 19h30, soit 2h30 après les avoir déposées, je vois les yeux de Cam, face à moi, s’écarquiller ! « Attends, attends », balbutie t-elle. « Casquette rose, k-way orange ». Elle se lève et trace à la fenêtre. J’attrape la main de Cess à côté de moi. Une casquette rose ? Ce serait Marso ? Je me tourne vers la fenêtre, le temps semble une éternité quand, soudain, mon regard croise le k-way fluo de Marso ! À côté, sous la capuche d’un k-way bleu, on aperçoit la petite tête de Mallou ! Elles sont là !!

Mallou : « Ok, donc nous, comme l’a dit Elise, on a quitté les filles à 17h30 et let’s go pour la rando ! On marche une demie-heure, on a un très beau temps, pas trop chaud, pas trop froid, puis on tombe sur un panneau qui indique +/- 2 heures pour rejoindre le point de vue de Table Mountain et une heure pour le trajet qu’on vient de faire jusque là. Après un petit temps de réflexion, on réalise donc que nous avons pris le chemin de rando de 3 heures et non celui de 1h30. Il faut dire qu’on a emprunté ce chemin, très sereines, uniquement parce qu’on a vu des randonneurs – dont une avec le cul tout marron de boue qui boitait – en sortir…
Vous me direz, ça aurait été étonnant de notre par que tout se passe sans embûche !

On continue de marcher, allure soutenue car on a retrouvé le plat, jusqu’à ce qu’on arrive à un croisement… Bon, la situation est la suivante :
- Nous ne connaissons pas le nom de la rando et il y en a plusieurs.
- Nous n’avons ni carte ni routard
- Nous n’avons pas de connexion internet pour joindre les filles
- On parle pas très bien anglais, mais des gens nous indiquent quand même la bonne direction, ouf !
MAIS MERDE, ON FAIT JAMAIS ÇA À LA RÉUNION ! En plus, on sait même pas si les filles ont directement pris le funiculaire ou si elles sont parties faire les courses avant. Bref, organisation zéro mais on se régale… Les choses sérieuses commencent, ça grimpe dur. Mais un groupe de chinois nous coupe dans notre élan : ils veulent faire une photo avec nous (oui, oui, on est trop bonnes). Avant ça, on demande à un local combien de temps pour monter tout là-haut, ce à quoi il nous a répondu :
« – Are you fit ?
– Yes of course, we’re from Reunion Island. (oui, oui, toujours aussi sereines)
– Ok, fifty minutes ! »
Allez, c’est reparti. Ça grimpe dur, très dur. Marso est hyper en jambes, la meuf pourrait faire un grand raid ! Moi, un peu moins, mais je suis, puis je fais des micro-pauses, puis je commence à devenir un peu chafouin, mais Marso est méga positive et ça booste un max. Les nuages arrivent, j’ai peur pour le point de vue, mais c’est très joli. Après un peu de hors pistes à travers les barbelés et deux heures de rando, on y est: paysages incroyables, nuages, vue sur mer, coucher de soleil sublime, enfin, bon kiff intense. On fait des photos et rapidement, on se met à la recherche des filles, qui, bien entendu, ne savent pas qu’on s’est trompées de rando et qui doivent faire des plans sur la comète et s’inquiéter ! On cherche bien 20 minutes et puis Camille nous repère le k-way orange de Marso : « Ouhou » !

On est très heureuses de se retrouver, ça fait que 2h30 qu’on s’est quitté mais déjà tellement de choses à se raconter. »
C’est l’heure de repartir ! Il fait maintenant très froid, on est congelées. Dans la file d’attente, on fait les pingouins pour se réchauffer. Enfin, on monte dans le téléphérique. On a envie de s’ambiancer, on chante « Ramenez la coupe à la maison » et « I will survive », surtout le moment « lalalalala ». N’oublions pas, on est quand même Champions du Monde !
Cess part devant chercher la voiture, nous on s’extasie sur la vue de Cape Town de nuit avec toutes ses lumières. C’est putain de beau une ville la nuit. De retour à la maison, on gare l’auto en bas de la maison, on sort et là, Marso retrouve par terre sa pochette « Air Austral » avec son cache-oeil et ses boules quies. Etrange. Plus loin, une culotte de Cam et des chaussettes tombées dans un sac de riz. Et oui, on nous avait prévenu, il y a du vent à Cape Town, notre lessive et tout ce qui se trouvait sur les fenêtres s’est envolé ! D’ailleurs, Marsi n’a toujours pas retrouvé son jean noir et un de ses t-shirt et elles nous accuse sournoisement de lui avoir fauché alors que c’est même pas nous.

Marso : « Il est 23h, j’en peux plus de ma longue journée chargée en émotions et je me retrouve à écrire mes put**** de cartes postales car demain on va à la Post Office #JaimeMesSamedisSoirsEnAfriqueduSud »
Dimanche 2 Décembre
Nos cerveaux sont définitivement éteints. On est de plus en plus stupides et les évènements sont contre nous. Nous avons pris la route pour le Cederberg ce matin vers 7h. C’était prévu 3h de trajet. Inutile de vous dire qu’à 11h30 on était encore sur la route. On s’est perdues, puis Maps Me s’est emmelé les pinceaux, puis on s’est retrouvées sur une piste… En tout cas, c’est magnifique : des montagnes avec des énormes blocs rocheux jaunes plantés partout.

On croise un panneau « Pays des Léopards ». Bon, ça y est, on a perdu Cam qui refuse maintenant catégoriquement de sortir de foutre un pied hors de la voiture parce qu’elle pense qu’elle va se faire bouffer direct. Le fait qu’on lui dise qu’il y a des campings et des chemins de randos officiels, et que donc, les léopards ne doivent pas être menaçants, ne suffit pas à la rassurer. Cess, de son côté, a mal du bide, et on la perd progressivement.
On va à l’office de tourisme demander une carte de la région, mais la meuf est aimable comme une porte de prison et on a l’impression que ça lui coûte beaucoup de nous donner le moindre conseil. On repart avec une petite carte sans plus d’info. On descend vers le sud vers les Cracks And Archs, des formations rocheuses qui semblent sympa à voir. Et… on arrive à une grille avec un cadenas. Ah bah il faut un code pour aller visiter. Mallou n’a pas envie de sauter par dessus le mur comme on le suggère avec Marso, et elle rentre dans la voiture avec Cam et Cess. Moi et Marso, on cherche une solution quand soudain, on voit deux pick-ups débouler de derrière la grille. Ils sortent pour l’ouvrir. Marso va leur demander le code. Un gamin lui répond que c’est pas possible. Fils de pute, je suis à deux doigts de lui rentrer dedans. Les gens de l’autre pick-up, eux, nous file un papier avec le code, tout sourire ! Cimer ! Apparement, il faut acheter un permis à 25 Rands par personne pour accéder aux Cracks And Archs mais la meuf de l’office ne nous a rien dit !
Bon, on a le code ? Marso et moi on entre. C’est très très beau et très impressionant ! On va faire des photos, on se balade, on profite ! Mais on a toujours la menace « léopard » au dessus de la tête alors on escalade quelques rochers mais on traîne pas trop non plus. On repart, on veut aller manger au resto que la fille de l’office nous a conseillé. Je vous raconte pas la putain de route : la piste de brousse mélangée aux gorges du Verdon. Tout ça pour arriver à un resto qui fait guesthouse. On sort de la voiture, réception fermée le dimanche de 12h à 16h. On fait le tour, resto fermé aussi. PUTAIN ! Les meufs crèvent la dalle et c’était le seul resto à 1h à la ronde ! Bon, on se fait les poches, il reste un snickers, de l’eau, un demi-muffin à Marso qui date de Robben Island et des gâteaux écrasés. On grignote un peu mais on a envie d’un repas salé. Je mange tout de même tout le snickers tout seule. On repart.On se dit qu’avant d’aller manger, on irait bien visiter les grottes quand même. On arrive aux grottes et ENCORE UN CADENAS À CODE ! Mais putain mais c’est relou ça ! Et c’est pas le même code que l’autre ! Vénère ! Et personne dans les environs pour nous filer ce putain de code ! Il faut s’adresser à l’office du tourisme, à une heure d’ici ! On est chafouins et on en veut à la meuf de l’office du tourisme à mort ! Elle a beau être enceinte, on va aller lui casser la gueule. Mais comme d’hab, on se dégonfle et on fait juste des fucks en passant devant son bureau.
Bon, la journée n’est pas perdue. On a très faim car il est 15h mais on a vu des paysages de ouf. Sur la route, les sujets de conversation s’enchaînent : « ton métier de rêve si t’étais pas infirmière ? », « ton prochain voyage ? », « les endroits insolites où tu as fait des calins ? ». Et très vite « on mange quoi ce soir ? ». Cess voudrait des sushis mais malheureusement pour elle, la majorité est très tentée par une grosse pièce de bœuf dans un steack house. En rentrant à Cape Town, on repart à City Grill, où on était déjà allé parce qu’on kiffe le Waterfront et que c’était trop bon. Il est temps d’arriver : la moitié du Crew est en coma hypoglycémique, l’autre moitié tient sur les nerfs. Et là, on se pète le bide comme des grosses vaches mais leur bœuf est vraiment trop bon ! Et puis un petit dessert là dessus… J’ai un méga gros ventre, mais je suis à deux doigts de m’ambiancer à sortir. Sauf que, dans la voiture, Mallou met une radio qui ne passe que de la musique d’ascenseur et ça me donne envie de dormir. Je la soupçonne d’avoir fait ça volontairement.
Retour à la maison, il est temps de faire nos sacs car c’est notre dernière nuit au Cap. On fait la course avec Marso pour boucler notre sac le plus vite possible et je la fume ! Elle crie au scandale parce qu’on a pas mis de chrono mais je m’en fous. D’ailleurs, en rangeant bien ses affaires, elle a retrouvé son short !
Dehors, c’est la grosse fanfare ! Elle va être sympa cette dernière nuit au Cap.
Lundi 3 Décembre
Les aventures continuent pour le Crew #FiveGirlsInaCar ! Marcus nous avait dit qu’on peut partir de l’appart à 7h20, on serait large niveau timing. On se fie à notre instinct et on décolle à 6h50de la maison (c’était prévu 6h30 mais toujours 1,5% de perte de temps). Sur la route c’est Fast and Furious croisé avec Mad Max Fury Road, Tom Hardy en moins. Il pleut des cordes, les mini-bus-taxi nous doublent par la droite, puis par la gauche, puis sur la ligne blanche entre deux bagnoles. Tout ça pleine balle, on se rit de l’aquaplanning. Ici, c’est l’amour du risque !
Sans surprise, on croise 4 accidents en 20 minutes de route, dont deux linibus et un avec un mort sous une couverture, très sympa.
Enfin, on arrive pour rendre la bagnole à la loc de voiture. On l’a hyper dégueulassée hier au Cederberg du coup, dans la rue ce matin, sous la pluie, on a essuyé les coulures de boue avec un reste de rouleur de PQ qu’on a retrouvé dans nos sacs. On a également passé un coup à l’intérieur mais le PQ a laissé des peluches. Bon, la bagnole est pas nickel quoi. Mais le gars qui receptionne les voitures s’en bat la race. On décharge la caisse dans une odeur d’ambiance « Fosse Septique qui dégueule ». Tout le monde a l’air de trouver ça normal alors que Cam en a presque la gerbe. On trace vers le terminal, je cours avec le chariot à bagages. On est en avance mais il pleut et ça pue alors on perd pas de temps. Cam m’aide dans les montées. Je pousse le chariot, elle pousse mes fesses.
On entre dans l’aéroport direction le comptoir de Kulula. On sort passeports et billets. Marso a pas son billet mais avec le passeport, normalement, c’est good. Elle passe en première. La meuf lui demande son numéro de résa mais elle l’a pas. Elle cherche alors dans ses mails mais même problème que pour Robben Island, tous ses mails ont été supprimés entre septembre et octobre sur son téléphone. La meuf du guichet teste avec son identité. La sentence tombe : « I can’t find you in this plane ». Bon, pas de panique. On fait passer les autres mais pendant ce temps là, Marso cherche son mail de confirmation mais rien à faire. Sur son compte bancaire, elle n’arrive pas non plus ) rempnter assez loin pour trouver une trace de l’achat. Cam et Cess vont déposer nos bagages au Hors Format, pendant ce temps, la fille du guichet appelle l’assistance, essaie de retrouver une trace de réservation à partir du vol Durban-Cape Town car on avait pris la même compagnie. Pas de trace de réservation. Marso est prête à racheter un billet sur ce vol, elle ne veut pas prendre l’avion toute seule, quand la deuxième sentence tombe comme un couperet : « This flight is full ». Elle nous demande alors d’aller au guichet Kulula pour racheter un billet et voir pour une réclamation. On se rend donc au comptoir. La dame checke quand même les résas mais Marso reste introuvable. Un doute s’immisce. A t-elle réellement acheté son billet ? Pour l’instant, pas moyen de savoir. Dans tous les cas, il est 8h05. Nous on embarque à 8h40 et on a pas encore passé la sécurité. Il devient urgent de trouver une solution. Marso demande à acheter un billet pour aujourd’hui. Le visage de la meuf s’assombrit. Ça sent mauvais : tous les vols sont pleins. Attends, sauf celui de 11h55 ! Ok. Elle nous dit le prix, on comprend pas. Elle prend la calculatrice et nous l’écrit dessus : 3300 Rands. Je me dis « Oulala, ça a l’air cher ». Cess fait la conversion. On est pas loin des 250 euros. C’est la déconfiture ! Marso prend sa tête dans ses mains. Niveau de blasage +1000. Il y a trois mois, on avait payé nos billets 50 balles. La meuf est sympa, elle nous conseille d’aller chez la concurrence au cas où on trouve moins cher. On file chez Mango. Le gars nous dit que le seul vol où il lui reste des places c’est celui de 11h, déjà décalé pour 12h. Et c’est 2900 Rands. Bon, c’est toujours ça de pris, mais 180 € ça reste beaucoup trop cher. On demande le « cheapest ». Il nous parle alorsd’un vol à 22h à 1900 Rands mais c’est un « Stand By ». J’ai du mal à comprendre « stand by » dans le contexte mais ça pue. On demande des explications. Ok, c’est du surbooking, fifty-fifty dit le gars. Pas de siège dispo, il faut compter sur un désistement. Trop risqué, Marso se rabat sur le vol à 180€. Elle est hyper deg, on sent le moral qui flanche. Elle s’en veut à mort alors on la rassure : « Allez Marso, c’est pas grave, ce soir on est toutes ensemble », « t’inquiète pas, on sera là pour t’attendre à l’aéroport », « ça va bien se passer ».
8h20. Sa réservation est en cours d’impression et nous, on doit absolument filer. Cess s’assure qu’elle a bien tout ce qu’il faut pendant qu’on commence à faire la queue pour la sécurité. Allez, force et honneur, Marso ! On se retrouve là bas !
De notre côté, on passe la sécurité à 8h36. On doit embarquer à 8h40 mais, coup de bol, notre vol est retardé de 10 minutes ! Assez de temps pour rejoindre tranquillou la porte, râler parce qu’on va devoir prendre le bus et JE DETESTE ÇA, et en attendant, se poser et acheter un brownie pour Cess et un muffin pour Mallou. Cette dernière déballe son muffin, « ah mais, c’est pas au chocolat ». Elle râle, « j’en ai marre d’être moi » ! Le muffin est pas bon alors elle sort de son sac cabine un énorme sac poubelle, complètement disproportionné par rapport au pot de nutella et de beurre de cacahuète qu’il contient. Bah oui, mais y a avait plus de sacs plastiques. Mallou va ensuite chercher au calme un couteau au « Mugg & Beans » à côté et se tartine son petit muffin avec la fin du pot de nutella et puis quand celui-ci est terminé, avec le beurre de cacahuète. Mais, peu emballée par cette dernière tentative d’assaisonnement, le muffin goût rien finit à la poubelle.
Nous sommes à présent dans l’avion, un tout petit coucou de 30 rangées et on est toutes les 4 à la queue leu leu. On peut pas papoter, tant mieux pour nos voisins car on est arrivées hier à la conclusion qu’on était pas d’une grande discrétion. De toute façon, j’ai l’impression que tout le monde dort. Whatever, j’ai un « Fluide Glacial » à finir.
Tout à coup, attaque chimique dans l’avion : Une énorme odeur de pet envahit l’habitacle. Mallou qualifiera ça plus tard d’odeur de « vieux incontinent qui s’est chié 6 fois dessus et qu’on a toujours pas changé ». L’odeur ne va pas jusqu’à Cess au 1er rang mais Cam, Mallou, moi et tous nos voisins, on a la tête dans nos t-shirts ! On ne saura jamais qui a été à l’origine de l’attentat mais on soupçonne très fort le voisin de Mallou qui avait l’air un peu malade. Personnellement, ça m’a réveillé alors que je commençais à m’endormir, c’est vous dire la puissance du machin ! Impossible de m’endormir après ça, contrairement aux autres, dont Mallou qui est juste devant et que je vois pencher dangereusement vers son voisin de gauche. J’entame donc la conversation avec ma voisine Sud-Af. De son côté, Cess fait ami-ami avec un enfant de même pas 2 ans qui se trouve devant elle et ne cesse de se retourner pour lui faire des coucous. Mais leur relation prend une tournure tragique quand l’enfant lui jette de la bave à deux reprises : une fois près de l’oeil, la deuxième fois dans le décolleté.
On arrive à Johannesburg. On va manger, on choppe la bagnole de location et petit changement, c’est une manuelle ! Ça faisait longtemps. On part déposer les sacs à l’appart. Celui-ci s’avère être un magnifique studio genre loft, ancien atelier d’usine. Mais, au fur et à mesure de la visite, on se rend compte de quelques petits problèmes : les draps sont encore dans la machine, donc mouillés, une chiotte est bouchée au PQ, et en lieu et place du 5ème lit, un canapé en sky pas convertible. On pose nos sacs, on pose à peine nos culs. Il est déjà l’heure de retourner chercher Marso. On est K.O. mais on repart. Maps Me nous dit qu’il faut 15 minutes pour aller à l’aéroport. On y arrive donc une heure plus tard. Ça bouchonne sec à Jo’Burg. On se gare au parking Pickin’ Up, celui pour quand tu viens chercher des gens. On va à la recherche de Marso qui est sensée être arrivée il y a 45 minutes. Au final, son vol a v’la le retard et à l’arrivée, les portes de l’avion sont restées fermées 10 minutes. Enfin, elle franchit la porte des arrivées ! Ça y est ! On est de nouveau à 5 ! Allez, on file car le parking n’est gratuit que 20 minutes. On monte en voiture, on met le ticket dans la borne. Il le recrache. Ça fait 25 minutes qu’on est là.
Bon. On se re-gare. Marso part aux bornes de paiement. Trois longues minutes plus tard, elle n’est toujours pas revenue. Cess décide d’aller voir ce qu’elle fait.
Cinq minutes encore plus tard, toujours pas de nouvelles des filles parties en expédition pairement de ticket. Elles ont même disparues de notre champ de vision. Je commence à croire que c’est un piège qui vise à nous enlever une par une. C’est donc à moi d’aller m’aventurer du côté des caisses automatiques. Bon, en fait les filles sont bel et bien là. Je m’approche d’elles, elles me regarde d’un air mi-amusé, mi-contrit : « La machine a avalé le ticket ». Mais non… l’enfer quoi. Elles sont en liaison téléphonique avec la meuf de l’assistance, ça va se régler. Je reviens à la voiture, je raconte ça à Mallou et Cam qui sont 75% dépitées et 25% au bord du gouffre. Enfin, les filles reviennent avec le ticket libérateur ! Ouf. On reprend la voiture, on passe à la borne et MERDE ! Refus ! Ça marche pas. La tension commence à monter, on ne sortira jamais de ce parking ! Mallou perd patience, elle va pleurer. Elle sort de la voiture vénère, appuie sur le bouton « Help » et explique la situation avec l’aide de Marso à la meuf derrière les petits trous. Et là, libération ! La barrière se lève, on retourne en direction du logement et là, on se retape 1 heure de bouchon. On finit par arriver à l’appart, on est rincée, pas de Lion’s Park pour nous (ce qu’on avait initialement prévu). Maintenant, on repousse l’instant de faire à manger. On profite de la terrasse, on discute, on a des chips et des noix de cajous, du son et on est bien.
Mardi 4 Décembre
Vous savez quoi ? Je vous écris depuis mon lit à Plateau Caillou. On est de retour. Mais on est toujours toutes les cinq. Cam et Marso dorment là car elles sont des grosses clochardes. Cam, soit dit en passant, qui va me tuer car je crois bien avoir égaré son crayon 4 couleurs qu’elle m’avait bien dit de ne pas perdre.
Bref, ce matin, on est parties de l’appart pour rejoindre l’aéroport prendre notre vol pour La Réunion. On est arrivées à L’HEURE ! Il nous aura fallu 17 jours pour trouver notre rythme, ça y est, on est rodées. On a encore passé un temps fou au Duty Free. Cam chercher à racheter son parfum mais elle se rappelle plus le nom. « Alors c’est une petite bouteille rose… » Ok, merci ça nous aide vachement. Cess achète 4 cartouches de clopes alors qu’elle fume pas et que la loi c’est deux par personnes. Méga thug. Et Mallou, sur un petit coup de tête, achète un djembé. On va, pour la dernière fois chez « Mugg & Beans » pour manger et ça fait bien plaisir de terminer là dessus. On y claque nos derniers Rands et Cam repart avec une énorme part de tarte au citron à emporter, la part fait 10 cms de haut steuplé ! Mais au cas où elle ait un creux dans l’avion… C’est vrai qu’on a quand même 3h15 de vol, on sait jamais. Surtout qu’une fois dans l’avion, on reàoit un repas presque dès le début du vol ! C’est à dire qu’on a pas du tout la dalle, du coup, je mange à crédit pour pas avoir faim ce soir.
Après un épisode de Zorro en dessin animé qu’on avait déjà vu à l’aller, on nous diffuse le film « elle l’adore » et c’est une excellente surprise pour Marso et moi car on trouve Laurent Lafitte vraiment pas mal avec son sourire ravageur.
Mais, revenons-en à l’avion. Déjà, chose amusante, on est placées à côté d’Adri et Micha qui étaient en Afrique du Sud en même temps que nous et qui sont des connaissances de la Réunion. Ensuite, nous avons eu le doit au décollage le plus what-the-fuck de ma courte de vie de touriste. Ça tremble de partout, grosse panique à bord… On pense réellement à trois possibilités :
- Le pilote est un stagiaire
- Le pilote est bourré
- Ils ont mal attaché l’arrière de l’avion.
Incroyable ce que ça secoue ! J’hésite entre avoir peur et être malade. Marso, à mes côtés est en panique totale. J’ai même pas le droit de parler pendant les annonces au micro car elle est persuadée qu’ils sont en train de nous donner des consignes de survie. J’ai même eu droit à « Non mais regarde, le stewart, il est pas bien ! » Mais au bout de quelques loooooongues minutes, l’avion se stabilise ! On rentre au bercail.
Cam : « Conclusion : Nous avons passé un séjour magnifique avec des véhicules au top, des baraques de fifou, des paysages à couper le souffle, des rencontres exceptionnelles et une TEAM d’enfer ! Bref, quand est-ce qu’on repart ? »